Hola America

After exploring South East Asia in 2012 and living in Vancouver, BC, Canada for two and a half years, the temptation was too strong: the call of travel hit us again, and here we are on the roads of Central and South America for five months. This blog is here to share some of our impressions and adventures, in words and pictures. Your comments and tips are always welcome!

Colombia - Chaleur humaine et tropicale

Publié le 15/04/2015, par leschipsenvoyage, Colombie

More pics / Les photos:  https://picasaweb.google.com/113683401924467924130/ColombiaLaVidaLatina

Carthagène des Indes

Cartagène, enfin ! Nous sommes impatients de poser un pied sur la terre ferme mais le Capitaine Franco crée encore des problèmes, soit disant avec l’immigration cette fois-ci, et nous sommes prisonniers sur son bateau. Nous arrivons au bout de nos limites et échappons de peu à un vol de zodiaque d’Edouard pour nous enlever au Calypsa et nous ramener à terre. Bilan : si vous voulez vivre l’incroyable aventure des San Blas, consultez nous avant pour vous donner les meilleures options…

Nos nuits restent encore agitées par l’impression désagréable de tanguer mais nous sommes vite réconfortés par l’accueil des colombiens et fascinés par le dynamisme de la ville. Les façades vives font échos aux objets d’artisanat de qualité que l’on retrouve dans les magasins branchés – mélange de tissu cousu main aux motifs multiforme avec du cuir de couleur, par exemple. A chaque coin de rue ombragé, des femmes drapées dans de longues robes rouges et jaunes portant des paniers sur la tête nous font goûter leurs spécialités de petites boules de coco ou gâteau de riz épicé. Ici et là, des petits groupes de musique jouent des airs tropicaux aux oreilles des touristes.

Carthagène a aussi son lot d’histoire car toutes les cargaisons coloniales passaient par là. Son plus haut fort, San Felipe de Barajas, a su repousser de nombreux pirates ainsi que la célèbre attaque des anglais au XVIIIe siècle- l’histoire est captivante, surprenant même qu’il n’y ait pas encore eu de film la dessus.

La nuit, nous tanguons dans les bars ou sur les places dans la fraîcheur du soir, captivés par les déhanchés endiablés des Colombiens. Luna reste avec nous pour nous montrer le pas à grands coups de shots de Tequila. Fiesta est le mot d’ordre  pour résoudre tous les maux d’ordre maritime. Lors d’une balade sur la plage bordant les immeubles en pleine ville - des allures de Miami Beach - des mamas attrapent nos bras et y glissent leurs doigts savonnés. Malgré nos premières résistances, nous succombons à leur massage sur le pouce ; l’un des pièges les plus agréables qu’on ait connu.

 

La région caribéenne au Nord : Santa-Marta, Tayrona et Minca

Nous décidons de continuer pour un bout de route encore avec Sébastien et Dona, en bus cette fois, en direction de Santa Marta. Nous profitons d’une belle pause à l’hostel Masaya, orteils en éventail sur la terrasse et piscine sur le toit. Les touristes américains de Carthagène font place à des touristes colombiens venus passer la Semaine Sainte dans cette ville balnéaire bon marché qui sert aussi de connexion pour d’autres sites touristiques. Par les rencontres que nous faisons, nous décidons de partir quelques jours dans le parc de Tayrona. Protégées des constructions, de grandes bandes de sable et forêts de pins s’exposent devant la mer bleue des caraïbes. Seuls quelques campings accueillent les visiteurs qui sont tous pris d’assaut pour la Semana Santa. Nous réussissons quand même à nous trouver quelques hamacs à l’abri grâce à l’énergétique Giovanni (drôle de nom pour un pur colombien mais la mode est aux prénoms occidentaux – ces frères s’appellent d’ailleurs Mickael et John). Lui et sa bande nous font partager un bout de leur paradis en nous invitant à leur table. Entre la découpe des salsichas et la cuisson du riz, ils nous entraînent dans quelques pas de salsa au clair de lune, discrètement matés par les poules.

     

Comme au Nouvel An en Chine, les Colombiens se déplacent en masse pendant la Semaine Sainte, nous laissons un poil sur notre faim quand à la discrétion du lieu…Entre deux cocotiers, des hordes de familles défilent chips et sodas à la main. De belles escapades en hauteurs nous permettent une dernière vue dominante en toute tranquillité sur cette mer redoutée et admirée.

Une dernière nuit à Santa Marta pour dire au revoir à nos compagnons de route Dona et Sébastien dans un hostel rempli de Colombiens adorables (encore une fois) puis direction Minca, un petit village dans les premiers reliefs, enfoncé dans les terres. La horde de touristes nationaux envahissent aussi les rivières et cascades naturelles de cette petite bourgade à première vue coupée du monde. Cela ne nous empêche pas de beaucoup apprécier leur présence curieuse et chaleureuse. Nous faisons des rencontres exceptionnelles et improbables : nous partageons un cocktail rhum-grenade et un débat politico-philosophico-sociétal avec un couple germano-brésilien ; un marin de 58 ans nous raconte sa 23e traversée de l’atlantique en voilier ; autour d’un diner improvisé de filet mignon de vin rouge, un groupe de jeunes français nous relatent leurs mésaventures avec des guerrieros, factions armées à buts « politiques » (tels que les FARC) qui se disputent le territoire souvent dans des zones rurales, reculées.

En tant que touristes bien informés, nous ne nous sommes encore jamais sentis en insécurité, que se soit dans les villages ou en villes. Nous sommes même surpris du niveau de développement des infrastructures (santé, transports...) et du niveau de vie des gens (une grande classe moyenne). Sur la route de la finca Victoria, qui produit du café depuis le XIXe siècle, on observe furtivement quelques toucans dans un arbre à la grande joie euphorique de Justine prête à se reconvertir en ornithologue.  Le boucan de Minca vient pourtant troubler sa tranquillité le dernier soir, summum des hostilités festives de la Semana Santa sous les caissons de basses et caisses d’Aguila (bière locale).

Les villages pittoresques du Santander

C’est la fin du week-end. Tout le monde veut rentrer chez soi et nous nous faufilons dans la cohue. Attente de plusieurs heures au guichet puis dans un troquet pourri aux tables collantes et décorées de fleurs artificielles pour leur donner un peu de vie. C’est le dimanche de Pâques et ici pas de lapin gourmands ou d’œufs dorés dans les rayons des supermarchés. On console notre envie de sucré et notre attente comme on peut avec quelques barres de chocolat au lait bas de gamme, mais ça fait l’affaire.

12h de bus de nuit nous emmènent enfin dans la région du Santander par la grande ville de Bucaramanga en plein essor économique. La route nous offre une vue imprenable sur le canyon de Chicamocha, plus profond que le Grand Canyon, dont les crevasses et virages serrés donnent le vertige.

Arrivés à San Gil, nous nous écroulons sur les lits de l’Hostel papillon tenu par un Suisse tombé amoureux de la région et sa femme Colombienne. Le coin, entouré de nature à l’état sauvage, est encore bien préservé du tourisme de masse et de nombreuses excursions sportives sont possibles pour un prix modéré. On choisit de faire de la spéléo dans  une grotte (cueva de la vaca) à couper le  souffle. En effet, il faut retenir sa respiration et plonger dans l’eau froide pour accéder à certaines parties. Nous avançons couverts de BOUE !! ahhh et des chauves-souris nous grattent l’oreille.

Dès la sortie de la roche, nous sommes éblouis par la beauté des villages environnants. Les petites rues pavées et volets de bois de Barichara, perchés sur une falaise dominant la vallée du fleuve Suarez, sont un délice des yeux et on comprend qu’ils ont inspiré de nombreuses telenovelas colombiennes. Plus loin, le sentier qui relie à Guane nous fait remonter le temps, sur la route de l’or. Ces bourgades rivalisent avec nos villages bretons, à la différence qu’ici on y déguste les hormigas culonas (fourmis à gros cul) à l’apéro. Nous aurions aimé explorer un peu plus cette région mais notre programme est ambitieux puisque nous décidons d’entreprendre la traversée de l’Amazonie dans quelques semaines. Un projet qui nous amène à entraver notre principe de na pas prendre l’avion pour gagner du temps et éviter les nausées dans les trajets de nuit sinuo-serpenteux (et pour le même prix que le bus en plus).

Sur la route de l’aéroport pour relier Bucaramanga à Medellin, Deisy nous prend sous son aile pour une visite improvisée de son village natal, Giron. Nous discutons rêves et voyages sur les marches de l’église au milieu des écoliers vêtus de leurs uniformes multicolores ; elle nous montre les lieux de son enfance, nous présente à ses amis que l’on croise facilement dans les rues de la ville. Le lendemain, nous sommes invités à prendre le desayuno dans le restaurant familial où sa mère aux fourneaux nous fait goûter les meilleurs tamales de la ville – elle tient à sa réputation ! - sublimes gâteaux de maïs garnis de poulet, d’olives et de pois servis dans une feuille de bananier. Deisy et sa famille incarnent l’accueil et la bienveillance colombiens, devenus pour nous si caractéristiques de ce peuple au passé lourd et à l’image parfois erronée. On est définitivement conquis.

Medellin et la vallée du café

L’arrivée à Medellin en bus depuis l’aéroport est impressionnante. La deuxième plus grande ville du pays est située dans une cuvette montagneuse – son cœur s’affirme haut, droit et ses banlieues s’agrippent en miniature à la paroi rocheuse. Seul un réseau de téléphériques modernes permet de relier les quartiers excentrés avec le centre et entre eux, véritable modèle de développement urbain qui inspire de nombreuses villes dans le monde.

Faciliter les ponts dans le fossé social. Du haut de notre télécabine, nous sillonnons non pas les pistes de skis mais la pauvreté de ces maisons adossées aux pentes vertigineuses ayant pour seul luxe une vue imprenable du labyrinthe de la ville. On a cette impression de voyeurisme que l’on retrouve dans la téléréalité ou le documentaire terrain (je préfère la deuxième sensation).

Medellin, c’est aussi la ville de Pablo Escobar dont l’histoire entretient la légende. L’homme et son cartel avait mis le feu aux poudres dans le monde de la drogue, proposant aussi de rembourser la dette de son pays. Le plus gros narco trafiquant du monde est très présent dans les tags de la ville, les musées, les balades culturelles, jusque dans l’œuvre de Ferdinand Botero qui a peint la scène de sa mort. Ce grand artiste colombien peint et sculpte des corps d’hommes et de femmes ronds, épais avec un trait sensuel et souple – tout comme ses modèles, on peut dire qu’il pèse lourd sur la scène internationale…Ses 23 imposantes statues de bronze exposées à l’air libre nous fascinent. Elles contrebalancent la pollution et la densité de la ville avec un peu de douceur artistique.

Nous partons au sud de Medellin pour retrouver la ville de Manizales, porte de la région cafetera (région du café). Juste le temps d’un tour en téléphérique au-dessus de la ville où on peine à faire la place à nos backpacks dans la cabine et nous décidons d’aller nous mettre au vert dans une finca environnante.

La Finca Venecia est une ferme de café aux allures de grande maison coloniale qui vient d’ouvrir un dortoir plus accessible pour notre petit budget, tout en profitant d’un cadre isolé et idyllique. Une visite des lieux nous enseigne les processus de fabrication du café, son histoire, sa commercialisation. Nos papilles se réjouissent de la saveur caféinée, nos cerveaux sont moulus aux secrets de fabrication et nous nous torréfions sous la chaleur du soleil avant d’être engrainés au bord de la piscine. Les battements d’ailes éclairs des colibris viennent s’abreuver de nectar ou d’eau sucrée, suffisant à notre divertissement. En revanche, tout comme on dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés, pas la peine d’aller jusqu’en Colombie pour boire son meilleur café qui est vendu à l’export…Encore un endroit où on se serait vus rester des jours ou toute une vie, d’autant que Beatriz propose des opportunités de bénévolat, mais il nous faut avancer.

Une journée à Santa Rosa pour laisser nos corps aller dans les sources d’eau chaude naturelles, en pleine nature, détente extrême à en oublier de justesse notre bus – ou chariot – du retour. Et dernière étape dans l’humide ville de Salento dont les portes multicolores égayent la grisaille ambiante. Nouveau palier atteint, on craque même pour une petite porte de bois qui gardera un œil ouvert sur le voyage dans notre futur chez nous.

 

 

 

De Salento on part en jeep prendre le départ du trek de la valle de Cocora. Journée de marche humide et bucolique à travers le relief des montagnes parsemées de tâches de vaches qui nous rappellent étrangement nos normandes, à ceci près qu’elles broutent au milieu de longs palmiers perchés à 3000M d’altitude. Décor phallique, solitaire, parfois irréel car caché puis découvert par d’épaisses couches de brouillard. Lors d’une pause dans une ferme de colibris, on nous apprend à tremper une large tranche de fromage ferme de montagne dans une eau chaude au sucre de canne…l’Agua panela con queso fait partie de ces goûts d’ailleurs et alimente encore aujourd’hui nos discussions.

Bogota et premiers pas dans la jungle

Enfin arrivés dans la capitale en temps et en heure. Après une nuit dans le bus, nous soufflons un peu dans un des dortoirs de l’immense auberge située en plein cœur du quartier historique. Sentiment différent de nos impressions de Medellin – on se perd un peu dans l’immensité de la ville tout en tournant en rond dans le quartier historique. On ne reste sans doute pas assez longtemps pour contempler le charme de jour et nocturne de Bogota. Les musées font par contre notre bonheur: émeraude, or, histoire, art… il y en a pour tous les goûts.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a quelques consignes à respecter et des quartiers à éviter mais on s’y fait vite et on nous informe efficacement. Attention à ne pas manger n’importe quoi, nos estomacs ont souffert et nous avons eu de sacrés coups de mou, un peu décevant surtout dans la ville qui bouge à toute heure. Trêve de ville, nous embarquons à bord d’un petit avion pour rejoindre Leticia à l’autre bout du pays, « capitale » de l’Amazonie colombienne inaccessible par route. Les 2 heures et demie de vol nous donnent déjà un aperçu de l’immensité amazonienne, à laquelle nous consacrons le prochain article.

Adios Colombia !

 

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