Hola America

After exploring South East Asia in 2012 and living in Vancouver, BC, Canada for two and a half years, the temptation was too strong: the call of travel hit us again, and here we are on the roads of Central and South America for five months. This blog is here to share some of our impressions and adventures, in words and pictures. Your comments and tips are always welcome!

Nicaragua la tranquila

Publié le 15/03/2015, par leschipsenvoyage, Nicaragua

La traversée

Nous quittons le berceau maya pour rejoindre le Nicaragua. Afin de rendre le trajet en bus de 25 heures plus agréable, nous faisons une halte au Salvador pour surfer tant bien que mal (surtout mal en fait) les premières vagues d’El Tunco et admirer de magnifiques couchés de soleil sur le Pacifique. Une fois n’est pas coutume, cette pause de deux jours se fera sans apéro puisque le pays impose une interdiction de consommer de l’alcool sur le territoire afin d’éviter tout débordement lors des élections législatives du week-end. Tout le monde ici est concerné et chacun semble vouloir profiter de la démocratie récemment instaurée dans un climat apaisé, notamment par un accord secret passé entre les chefs des gangs et le gouvernement.  A l’occasion des élections le dimanche, chacun brandit le drapeau de son parti sur les maisons ou en groupe à l’arrière les pickups.

Leon et la ceinture de feu

Après deux frontières traversées en une journée (Salvador-Honduras puis Honduras-Nicaragua), Léon nous apparaît comme le centre culturel du pays. Nouvelle ville coloniale bourrée de charme, elle est plus rustique que certaines de ses semblables (au Mexique ou au Guatemala). Au milieu des grillades fumantes, les vendeurs de street food nous racolent à coup de « mi amor » ou « mi princesa », et les rires qui s’en suivent ne nous laissent pas indifférents. Très vite, le Nicaragua nous frappe par son accueil simple et chaleureux. Les gens se laissent facilement photographier et ajoutent leurs larges sourires aux scènes de vie du quotidien ; qu’il est bon d’entrer dans cette intimité, d’accéder à cette pudeur presque naïve, pour le bonheur de nos clichés – dont il ne reste malheureusement pas grand chose, tous ont été supprimés suite à un bug de carte SD (un drame ! au début, puis relativisé). Les photos postées dans cet article sont celles de Val.

C’est aussi à Léon que l’on en apprend un peu plus sur l’histoire du pays ; les visages des héros et desmartyrs de la révolution sandiniste s’affichent fièrement car ils ont conduit à la chute de la dictature en 1979. Des collections d’art colonial et contemporain centro-américain sont exposées dans un magnifique musée (le plus beau de son genre) ; on zigzague entre les œuvres, les grandes galeries en plein air, immenses salles en bois et fontaines ombragées. Une coupure fraîche au milieu d’une journée suffocante au bout de laquelle nous retrouvons deux québécois remplis de bonne humeur, leur accent et leurs expressions nous réjouissant toujours autant.

Nos nombreuses heures de bus nous avaient déjà donné un bel aperçu de la forte activité volcanique de la zone. Sur cette ceinture de feu, nous choisissons de partir à l’ascension du volcan Telica avec l’association Quetzal Trecckers, dont les bénéfices sont reversés à des projets de développement locaux et pour les enfants. Nous dégustons des thermites sur un manguier pour nous donner le courage d’affronter la pente abrupte sous un soleil de plomb. Pour ajouter un peu de difficulté, Edouard et Valentin portent vaillamment un tronc d’arbre jusqu’au sommet, qui nous servira de banc le soir près du feu (avec des chamallows grillés). En fin de journée nous arrivons au bord du premier cratère où nous camperons le soir même, un décor lunaire recouvert d’herbe sèche et de quelques palmiers. Le cratère voisin, cheminée principale du volcan, domine une vaste plaine de laquelle on aperçoit d’autres monts puissants. Lorsque la nuit tombe, nous nous penchons en son cœur pour écouter la lave crépiter, les lueurs rouges s’animer dans une forte odeur de souffre. La nuit est venteuse, mais rêveuse.

                              

         

Poneloya et Las Penitas, côte Pacifique

Echappée belle de la ville pour se retrouver sur la côte pacifique à quelques dizaines de kilomètres. Longues plages de sable noir et gros spots de surf, c’est aussi l’endroit idéal pour « chiller ». Le Surfing Turtle lodge, ses tournois de volley-ball à l’ambiance spring break (parfois difficile à accepter dans un paradis si perdu) et ses cours de yoga dans une cabane sur pilotis face à la mer – il n’y a pas de meilleure manière de se réveiller.

La petite ville de Las Penitas nous charme par son authenticité et la beauté de la réserve naturelle Juan Venado voisine. A marée basse, les hommes pressent leurs calèches sur les bancs de sable pour les charger de poisson frais. Les pêcheurs à la ligne reviennent en fin de journée, le bateau plein et l’air satisfait pendant que leurs femmes, un enfant sous chaque bras, nous proposent le menu frais du jour. Nous observons ces scènes, à pied ou depuis notre touk-touk à pédalos dont le conducteur, même dans l’effort, continue à nous sourire de ses yeux vifs et sincères.

De Leon a Granada

Dans ce pays, qui est le plus sûr d’Amérique centrale, il est très facile de se déplacer en transport local (chicken buses ou colectivo) et les distances entre les villes sont raisonnables. Nous grimpons donc sans agenda dans ces bus tous personnalisés avec des dessins, banderoles, stickers et sloggans à la gloire de Jesus, de Dios – et portant souvent des noms de femmes. Sur la route de Granada, on s’arrête dans la ville de Massaya qui n’a pas grand intérêt autre que son marché rassemblant l’artisanat de tous le pays. Nous tombons tout de même amoureux des hamacs de toutes tailles, designs, conforts et couleurs. Dans les rues de cette ville industrielle, les portes ouvertes des maisons laissent entrevoir le spectacle des petites vieilles dans leur intérieur modeste, un œil sur leur feuilleton diffusé sur écran plat, l’autre sur les passants.

Notre route nous mène ensuite à la Laguna de Apoyo, un lac d’origine volcanique situé entre Massaya et Granada qui serait né de l’explosion d’un cratère il y a bien longtemps.

Granada a la particularité d’être la plus vieille ville d’Amérique centrale colonisée par les Espagnols à être encore debout. On y retrouve les caractéristiques architecturales d’une ville coloniale avec des églises du 16e siècle. Longtemps centre commercial pour le bois et le cacao notamment, elle est aujourd’hui une importante étape touristique pour quiconque visite le Nicaragua - on le ressent dans ses rues piétonnes aménagées et dans les prix qui grimpent plus qu’ailleurs. C’est à Granada qu’on s’essaye à l’un des plats traditionnels du pays fièrement recommandé par un Nica, le vigoron qui consiste en un mélange de yucca (sorte de manioc) bouilli et chicharonnes (ou chips épaisses de porc) servis dans une feuille de banane. Une expérience très peu concluante (bien que par ailleurs le yucca au barbecue soit un délice !).

En attendant le chicken bus vers Rivas, on se promène dans un marché qui se déverse dans un dédalle de ruelles qui ne finissent jamais. Les fruits et légumes de couleurs vives sont exposés dans de grands paniers en osier, à côté des stands de hot-dogs à 1$ (attendez de voir la tête de la saucisse) et sachets de chips de bananes plantain (yum).

La Isla de Ometepe

Imaginez une île, et depuis la rive deux volcans se dressant à chacune de ses extrémités. Des petites villes ou villages qui parsèment irrégulièrement les alentours sur quelques dizaines de kilomètres et les vaches, porcs, poulets et chiens qui déambulent dans les rues et les chemins de terre au milieu des habitants. Notre guide d’un jour le confirme : il faut compter au moins un porc par maison (des petits porcs domestiques, on craque). Quelques conversations avec les habitants nous confortent dans l’idée qu’ils ont tous une grande fierté de leur île. Ils veulent tout nous montrer, nous recommandent les endroits qu’il faut « absolument voir », nous racontent des anecdotes – toujours suivant leur mot d’ordre, tranquilo, pour ne jamais brusquer cet endroit paisible.

On apprend que l’île accueille chaque année un ultra marathon (100km comprenant l’ascension des volcans géants). Les irons mans peuvent aller se rhabiller ! Pour notre part on s’en tient à l’ascension du volcan de la Conception, le plus haut, qui est déjà pour nous un mini exploit sportif. Brouillard, boue, racines glissantes, pierres cassantes, et pas de récompense au sommet complètement masqué par les nuages et le vent, mais le challenge en vaut la peine. Les 8 heures de marche avec plus de 1600m de dénivelé découragent les genoux d’Edouard et on se promet de s’en tenir à une rando plus tranquila la prochaine fois. Exténués mais contents, on profite ensuite du « repos du guerrier ».

Le soir des 25 ans de Val, on se retrouve dans un grand terrain vague aménagé d’une estrade, d’enceintes et d’un bar (on retrouvera souvent ces scènes nocturnes improvisées sur le continent). C’est soir d’élection de « Miss Verano », grosse compet’ entre la fille de Santo Domingo et celle d’Altegracia, le suspens – sur fond de zouk « collé-serré » – est à son comble.

San Juan del Sur, à l'extrême Sud

Dernier arrêt au Nicaragua, San Juan et ses plages de surf. Des airs de côte d’azur dans la ville qui s’est largement aménagée grâce (ou à cause ?) du tourisme. Les plages alentours conservent toutefois leur beauté naturelle et on arrive enfin à monter correctement sur une planche. Edouard a des brulures partout sur le corps mais il a tout de même réussi à prendre ses premières vagues (de 10 cm) et il en ressort avec un sourire plus grand que la taille de sa board.

            

Expérience humaine avant tout, expéditions naturelles et climat serein : le Nicaragua est sans aucun doute l’une de nos plus belles surprises en Amérique centrale. Nous reviendrons dans ce pays qui semble encore se découvrir et se surprendre lui-même, à l’abri de l’envahissement touristique (ou en tout cas d’une « certaine » population touristique)…mais pour combien de temps encore ? Backpackers de tous horizons, profitez-en !

                                                      

 

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